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5 juillet 2008 |

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8e édition professionnel |


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Journal de bord Narration de la journée par Linda Ann Casey
Le texte qui suit est tiré du Journal de bord de Linda Ann Casey responsable du recrutement des jeunes pour l'activité Jeune Voile 2006. Les noms des jeunes mentionnés dans les anecdotes ont été modifiés.
Le départ et les douanes (…) L’autobus arrive avec 20 minutes de retard car l’autoroute Décarie est fermée pour cause d’accident. Nous partons de Montréal à 7.30h.
L’atmosphère dans l’autobus est calme; il est tôt et tous les jeunes se réveillent tranquillement même que quelques-uns terminent leur nuit en roupillant sur leur siège. Nous arrivons aux douanes américaines de Lacolle. Après avoir expliqué aux douaniers le but du voyage, ils nous demandent de monter dans l’autobus pour vérifier les papiers de tous les passagers. Les jeunes sont tranquilles, ayant été formellement avisés de se comporter adéquatement car les formalités douanières américaines sont très sérieuses. Les 2 douaniers sont très sympathiques, nous saluant même avec quelques « bonjour » et « merci » en français.(…)
L’accueil et la navigation Notre descente d’autobus sur le terrain de la marina nous a tous pris par surprise : le groupe d’une centaine de personnes, portant tous et toutes leur chandail Jeune Voile nous accueillent en nous applaudissant! Ouf! Impressionnant, voire même intimidant pour certains jeunes qui, en descendant se placent derrière moi, eux qui font rarement l’objet d’une telle manifestation.
Je retiens de cet accueil un geste merveilleux qui démontre l’enthousiasme de toutes les personnes présentes d’avoir ces jeunes à bord de leur voilier pour la journée et je vous en remercie grandement.
L’organisation de la journée se déroule rapidement puisque nous avons accusé un certain retard. Le soleil et la chaleur sont au rendez-vous et la navigation s’annonce exceptionnelle. Pendant que se définit le jumelage des jeunes et des équipages, il y a distribution de chandails Jeune Voile, petit déjeuner sous la tente, dernières recommandations d’usage sur la sécurité et le comportement à bord d’un voilier, distribution de breuvages et formation d’équipes avec accompagnateurs.
C’est un départ!
Je dirais que c’est à partir de ce moment que les jeunes ont pris la couleur de leur entourage. Je les voyais partir avec leur équipage, certains d’un pas hésitant appréhendant l’inconnu tandis que d’autres, plus sécures, se dirigeaient avec enthousiasme vers justement un inconnu qui les stimulait.
Et ainsi, la caravane de voiliers se mit en marche sur le lac Champlain, toute grande voile hissée, naviguant à plus ou moins 6-8 nœuds. Je ne peux décrire le comportement de chaque jeune sur les bateaux avec les équipages mais aucun incident ni bavure ne m’ont été rapportés après la journée. Mise à part l’indigestion de Daniel qui s’était gavé à la table de déjeuner, tout le monde, jeunes et adultes accompagnateurs se sont sentis bien et en confiance à naviguer, ce qui était une grande première pour la majorité d’entre eux.
Puis, l’arrêt pour le dîner fut le grand moment de détente. Des jeunes plus audacieux ont sauté à l’eau et se sont laissés flotter au milieu des voiliers de la flotte ancrés dans la baie; certains nageaient d’un voilier à l’autre pour trouver leurs amis tandis que d’autres se trempaient timidement les pieds trouvant l’eau un peu froide. Je crois aussi que les liens avec les équipages se sont tissés de façon plus personnalisée à ce moment là, parlant de tout et de rien mais surtout, échangeant sur la vie en général.
Et c’est avec regret que nous devons commencer la rentrée au port. La journée était tellement idéale que nous aurions tous navigué jusqu’en soirée. La vision de la caravane de 32 voiliers était impressionnante. Je pouvais apercevoir quelques jeunes à la barre de leur bateau, attentif et consciencieux à maintenir le cap avec sérieux, voulant à tout prix être à la hauteur de la tâche.
Montrer aux jeunes comment on navigue et les laisser à la barre a assurément été un des moments clé de leur journée puisque ce fut la première chose qu’ils racontaient une fois à terre. Imaginez, être assez dignes de confiance pour se voir confier une telle responsabilité. Moi j’ai vu comment la valorisation et l’estime de soi ont fait grandir les jeunes d’un pied cet après-midi là. Merci!
Le souper À mesure que les voiliers rentrent au port, les groupes d’équipage se dirigent vers le grand chapiteau. Les jeunes racontent avec enthousiasme les exploits de la journée et c’est à qui aurait l’histoire la plus intéressante à dire. Je vois aussi certains jeunes qui restent avec leurs hôtes et continuent à bavarder. Ils sont contents, ils sont fiers et, ils sont fatigués.
(…) Un autre point culminant eut lieu après le souper lorsque nos 2 conférenciers invités nous ont entretenus sur leur chemin de vie peu commun mais combien inspirant. Je croyais qu’il serait difficile de regrouper les jeunes car ce qu’ils venaient de vivre au cours de la journée était assez pour remplir leur tête. À ma grande surprise, à l’exception de 2 jeunes, tous ont écouté avec attention et intérêt l’histoire de Benoit et de David qui nous ont donné une belle leçon de vie.
L’idée de présenter des personnes qui ont gagné leur lutte contre des obstacles qui paraissaient insurmontables a marqué les jeunes; d’autres qu’eux ont dû se battre et ils ont gagné; j’espère que leur témoignage leur a donné le courage et l’espoir. Merci!
Vint ensuite le moment de nos témoignages. Nous étions émus, fatigués mais encore portés par l’énergie de ce que nous avions vécu. À mon grand étonnement, les jeunes ont demandé la parole et leurs commentaires étaient spontanés, vrais et même drôles ou touchants.
Je vais redire ce que j’ai exprimé à tous le soir du 8 juillet : «Je travaille en relation d’aide depuis plus de 30 ans et j’ai côtoyé beaucoup de personnes qui, dans le cadre de leur travail, avaient la foi et la passion du métier et qui se dépassaient largement pour les enfants. Mais j’ai rarement vu des gens qui s’impliquaient avec autant de ferveur, de façon aussi gratuite et totalement à l’extérieur de leur occupation professionnelle. Merci à tous les équipages de nous avoir si chaleureusement accueillis sur vos voiliers; merci au comité de levée de fonds pour toute l’abondance de la journée et, un merci spécial au maître d’œuvre de toute cette organisation, celui de qui l’on peut dire qu’il est dieu après dieu à bord de son précieux projet : André Lachapelle, merci. »
Le retour du soir Des photos en souvenir, des mercis tout en sourire, des adieux en accolades : il faut mettre fin à une journée magnifique et exultante. Le compte est fait, nous avons tout notre monde dans l’autobus et nous voilà sur le chemin du retour.
3 groupes se forment : des garçons à l’arrière, des filles au milieu et, dispersés ici et là à l’avant ceux qui veulent dormir, les plus tranquilles et des adultes. Le placotage des filles va bon train surtout qu’il y a eu quelques intrigues amoureuses qui se sont tramées à l’heure du souper. Les garçons derrière sont plus bruyants et nous devons les rappeler à l’ordre surtout à l’arrivée aux douanes canadiennes. (…)
Le visage caché de l’après Jeune Voile Je sais que l’organisation de ce type d’événement exige un tel déploiement d’énergie qu’il est normal de se demander après si les retombées en valent la chandelle pour ces quelques jeunes.
Je ne saurais dire comment cette aventure peut avoir eu un impact sur leur vie et sur la perception que les jeunes ont du monde qui les entoure mais je sais qu’elle fut assez importante pour que l’on m’en parle.
Voici quelques bribes d’histoires recueillies ici et là à mon retour de vacances, 2 semaines après la sortie en voile.
La mère de Paul s’est empressée de raconter la journée qu’elle avait vécue avec son fils en insistant sur le fait « qu’il a conduit le bateau et il était tellement bon; j’étais fier de mon fils ». La fierté ne s’apprend pas, elle se ressent et se communique.
J’ai reçu un message dans ma boîte vocale qui disait : « Marcel avait les yeux brillants en parlant de sa journée et il était tellement fier d’avoir navigué; merci de lui avoir donné de la valorisation ». Lui qui plus souvent qu’à son tour a le regard brouillé de boucane bleue! Qui sait, peut-être a-t-il trouvé un autre moyen d’accéder à la liberté…
Et cette jeune fille à qui je tente d’inculquer la notion de confiance à la vie en lui répétant qu’elle vaut la peine que l’on s’adresse à elle et qu’elle rencontrera des gens qui lui voudront du bien. Déjà de la voir à la barre, concentrée et soucieuse de bien faire, privilégiée d’être invitée sur le voilier du « grand boss », voulant participer aux manœuvres de navigation, assez en confiance pour parler d’elle. Un message à mon retour de vacances me disait qu’une des membres de notre équipage voulait faire quelque chose pour elle, juste comme ça, parce que la belle France en vaut la peine. N’est-ce pas là un exemple de confiance en la vie?
L’emballement sans fin de Véronique, non seulement pour l’expédition en voilier mais bien pour toute l’organisation de la journée, l’a poussée à vouloir elle aussi être bénévolement partie prenante d’un tel événement, peu importe lequel. Peut-être venait-elle de saisir le vrai sens de « donner au suivant »
Que dire de Donald qui a continué à voir sa mère depuis qu’il a dû aller lui faire signer son autorisation parentale. Le contact avait été coupé depuis longtemps et c’est Jeune Voile qui les a rapprochés!
Se vautrer dans son monde de lecture et d’écriture est un moyen efficace de créer l’isolement social et d’éviter tout contact perçu comme étant menaçant. Que s’est-il passé le 8 juillet pour que Mélanie se fasse si facilement une place comme membre d’équipage, qu’elle s’ouvre à tous ceux qui l’abordaient et qu’elle s’associe au groupe de filles qui papotaient dans l’autobus au retour? Peut-être avait-elle besoin d’un Jeune Voile dans sa vie pour exister en société, devenir quelqu’un, qui sait…
Ces histoires peuvent sembler banales pour quiconque fait face aux préoccupations quotidiennes de la vie adulte. Mais pour certains jeunes, la journée Jeune Voile leur a permis d’exister dans un autre contexte que le leur et, d’avoir un moment excitant à raconter.
En terminant, je ne peux m'empêcher de souhaiter longue vie à Jeune Voile.
Merci à tous
Linda Ann Casey, Accompagnatrice |
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Pour renseignements : André R. Lachapelle
Téléphone : (514) 944-3771 Télécopie : (514) 339-2822 Courriel : info@jeunevoile.com
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